POURQUOI JE VAIS QUITTER DEEZER, SPOTIFY ET BELIEVE DIGITAL ?

Au revoir !

Avec La Princesse est dans les cordes, nous sommes signés chez Believe Digital, depuis 2006. Nous allons donc fêter nos 10 années de collaboration en 2016. 10 années durant lesquelles, nous avons fourni 2 albums et 1 single. Je me suis penché en détails sur le retour sur investissement de cette association et un constat est absolument sans appel, je veux quitter DEEZER, SPOTIFY ET BELIEVE DIGITAL !

 

J’ai quelques vagues souvenirs des premiers contacts avec l’équipe de Believe Digital. Ils nous avaient reçus dans leurs bureaux du centre de Paris. A l’époque, ils étaient visionnaires et avaient flairé que le monde de la musique était en pleine mutation.

Leur stratégie était limpide et plutôt simple, signer en masse pour soi- disant proposer un catalogue varié. Nous n’étions pas dupes, malgré leur discours sur la qualité artistique de notre projet, car on savait bien que le but était surtout de pouvoir générer un maximum de revenus en ratissant le plus largement possible. Stratégie comme une autre…

La répartition des revenus entre eux et nous est la suivante 60% des revenus pour nous, 40 % pour Believe.

Je vous passe sur les promesses de promotion non tenues sur les plateformes, puisque rien n’est écrit, cet argument n’est absolument pas vérifiable.

En ce moment, la période est à la grogne du côté des artistes à forte écoute sur les sites de streaming, puisque certains d’entre eux génèrent des centaines de milliers d’écoutes et ne récoltent que quelques centaines d’euros.

 

GRACE A EUX, QUELS SONT NOS REVENUS ?

Je me suis donc penché plus précisément sur le cas de La Princesse et j’ai repris nos statistiques sur les 3 dernières années (A noter que je n’ai plus accès aux chiffres d’écoutes avant 2012).

Le constat est le suivant :

Du 01 Septembre 2012 au 23 septembre 2015 : 5141 écoutes toutes plateformes confondues

Royalties : 16, 40 € soit 0.003 € l’écoute

Même pas un centime d’euros de revenus par titre écouté !

Si ces plateformes étaient des radios, cela correspondrait à 5 passages par jour depuis 3 ans, autant dire que ferions partie des groupes à forte rotation…

Sachant que Believe déclenche les versements à partir de 50 Euros de revenus, il nous faut donc à peu près 15674 écoutes soit environ 9 années de streaming !

Ramenez ce résultats au nombre de groupes indés qui tiennent si longtemps… Believe sort largement gagnant même en redistribuant une part majoritaire des revenus aux artistes encore présents. Quant à ceux qui ont splitté, comment Believe répartit les revenus ?

ONT-ILS UN IMPACT SUR LA NOTORIETE ?

Ok, me direz- vous, mais si La Princesse est écoutée 5141 fois en 3 ans, c’est aussi parce qu’elle est présente sur deezer, spotify… Et vous n’aurez pas tort. Mais quel est l’impact réel de notre présence sur deezer et spotify, sur notre notoriété ?

La Princesse est également présente sur Facebook et possède son propre site internet. Donc 2 vecteurs permettant à chaque projet indé de communiquer autour de ses œuvres et de potentiellement obtenir de nouveaux fans.

Je donne un autre exemple. En 2011, nous découvrons Bandcamp. Plateforme qui permet aux artistes d’autoriser le téléchargement en Pay What You Want. Autrement dit, les auditeurs choisissent un prix pour récupérer un titre. Nous mettons Parachutes, single de notre futur album, à disposition.

Résultats en 4 ans :

5180 Ecoutes

Revenus : 328.55 Euros

Soit 0.06 Euros par écoute soit 20 fois plus.

+ environ 400 mails

Ce n’est pas avec ces revenus que mon projet est viable, je vous l’accorde, mais il n’empêche que tout ceci mérite une remise en question de notre stratégie de mise à disposition de nos albums. Deezer et autres n’ont finalement pas modifié le modèle économique du secteur musical. En ce qui nous concerne, Ils l’ont encore plus abîmé.

L’artiste qui devait être au centre de cette nouvelle économie, se retrouve propulsé tout en bas de l’échelle, alors qu’il est le principal producteur de contenu.

Si nous avons réussi à dépasser les 5000 écoutes sur Bandcamp, c’est que nous générons du trafic autour de nos morceaux, nous pouvons donc réfléchir à devenir complètement autonomes et récolter les fruits de notre travail.

 

AU REVOIR !

J’ai râlé pendant des années contre ce système tout en le cautionnant puisque les albums de La Princesse sont disponibles sur ces plateformes. Ce paradoxe, je ne veux plus l’assumer, ni ne peut le supporter.

Je réfléchis sérieusement à ce que sera l’avenir de mon groupe, mais une chose est sûre, je me battrai auprès de tous les membres de la Princesse pour que nos futurs albums ne soient plus disponibles, ni sur Deezer, ni sur Spotify, ni via Believe !

Si vos titres sont distribués sur les plateformes, faites cet exercice, vos conclusions ne seront pas si différentes des miennes et ce, quelque soit votre nombre d’écoutes.

Et vous ? Pensez- vous que ces plateformes sont utiles pour nous ? N’hésitez pas à en débattre ici, sur les réseaux sociaux et partout où vous le pouvez !

Merci d’être des Acharnés,

A bientôt,

Vincent

17 Comments

  1. COUP DE GEULE :

    C’est HONTEUX !!! Payer dorénavant un abonnement annuel par produit sortie (single/album), au lieu de payer une seule fois la mise en ligne à vie !!!!!
    Nous, artistes amateurs, sommes renvoyé à la case « je chante sous la douche » !!!! Cette fusion, autre que de durement nous pénaliser, nous EXTERMINES LITTÉRALEMENT !!! Les rêves retournent au stade du rêve, voir au cauchemar !!! Comment continuer de croire que nous pouvions prétendre vendre notre musique en créant notre propre chance sur les mêmes plateformes digitales que les plus grands, avec pour revenu minimum le RSA (440€) ? Je fait parti de ces artistes qui sais qu’il est à un age qui ne se commercialise pas, mais qui pratique de façon la plus égale possible que ses idoles (avec ses propres moyens) pour pouvoir s’évader, croire que tout est possible, qu’il suffit qu’une seule personne aime et partage une musique déjà en téléchargement pour que la machine se lance contre toute attente et que le rêve ce réalise.. mais non…
    En recevant ce mail, caché dans mes SPAM, me signalant cette fusion avec mon promoteur actuel ZIMBALAM et le nouveau TUNECORE, on me renvoi à mes 14ans, a mes concours de chants, à mes karaokés, à ma précarité me coupant toutes chances de pouvoir, finalement, juste avoir droit à croire au rêve… dorénavant je ne vais juste plus que rêver au rêve.

  2. Un petit retour d’expérience quand même : 8 albums chez believe (zimbalam). Donc, au départ, 8 X 34,99 euros pour être présent sur ces plateformes, notamment deezer, spotify, etc…(soit 279,92 euros) Mais bon, on ne paye qu’une fois, c’est à vie parait-il. On fait l’effort donc.
    Après deux années, des dizaines de milliers de chargements, pour un revenu de 200 euros environ (en 2 ans, donc un peu plus de 8 euros par mois). Et je peux vous dire qu’en dehors du numérique, mes albums se vendent plutôt bien!
    Et là, j’apprends que suite à la fusion de zimbalam et de Tunecore, il va falloir désormais payer 49 euros par album, et tous les ans (30 la première année). Donc, en ce qui me concerne, il faut désormais payer 392 euros par an, pour un rapport moitié moins !!! Plus ce que j’ai payé il y a 2 ans pour mettre tous mes albums
    Bon me direz vous, y a qu’à les quitter, virer les albums, et puis c’est tout. On perd un peu d’argent, mais c’est pas grave…
    Oui, sauf que pour enlever ses albums sur Zimbalam, il faut aussi payer 25 euros par album, c’est à dire, en ce qui me concerne, 200 euros.
    Vous l’avez compris, l’aventure Zimbalam ne m’a strictement rien rapporté, elle m’a couté la peau du cul. Au final, leur magouilles, changement de statuts, de conditions, bref de changement des régles APRES signature toujours pour se gaver davantage sur le dos des musicos fonctionne bien. Elle m’aura couté cher, et heureusement que je choisi de les quitter, sinon ça couteraît encore plus cher !!!
    Et pourtant, je peux vous dire que je vis pas trop mal de mes albums. Constat : dans le numérique, au final tout le monde s’enrichit, sauf le propriétaire de la musique !!!
    Et tu payes (très cher) pour vendre (peut-être)…..
    Un comble.
    Adieu tous ces voyous du numérique, qui vous promettent la lune, et qui changent constamment les règles pour mieux s’enrichir sur votre dos.
    Expérience vécue, et contactez moi si vous voulez du détail !!!

    • Hello,
      Merci pour ce retour d’expérience, qui ajoute une pierre à l’édifice. Il est possible que je revienne vers toi pour partager cette vision un peu plus en détail.
      A bientôt,
      Vincent

  3. Je trouve un peu dommage de devoir délaisser ces outils, certes démoniaque, mais offrant une visibilité non négligeable et surtout des outils de références aux yeux du grand public. Qui plus est pour gagner quelques sous quand on sait tous que plus grand monde ne fait de gros sous avec la vente du produit en lui-même, mais bien avec le reste, le merch, les events, les collaborations, sponsors, partenariats, mais surtout les tournées.

    Je comprends l’engagement militant et le soutient mais ne cautionne pas l’aspect financier. Je pense que si vous désirez que votre projet grandisse (et vos finances) il va falloir passer l’energie sur le spectacle vivant et le reste. Une fois qu’on a la visibilité, il y a 1001 façons de se vendre, l’inverse est beaucoup plus difficile.

    • Salut Dorian. Merci pour ton passage. L’article ne relate qu’un aspect des revenus.
      Je suis tout a fait d’accord qu’il y a d’autres secteurs qui permettent de financer un projet.
      Cela dit, par rapport à mon expérience avec mon groupe, je ne suis pas convaincu par l’apport de visibilité sur Deezer et Spotify.
      A bientôt,
      Vincent

  4. Un soucis, pour pouvoir être reconnu via Shazam lorsque nous sommes diffusés en radio pas moyen de faire autrement que de se faire distribué digitalement (voir sur leur site). Par contre , nous sommes passé directement par reverbnation. Et utilisons notre plateforme bandcamp pour communiquer sur la vente digital ou l’écoute en ligne.

    • Salut Cathy,
      Tu as raison de mentionner Shazam qui devient quasiment incontournable pour l’identification des titres. Peux tu faire un petit retour par rapport à Reverbnation ? Etes vous satisfaits, avez vous de la visibilité ?
      Bandcamp est pour moi une excellente plateforme pour les indés et doit être un éléments très important dans notre stratégie digitale.
      Merci pour ton passage Cathy !
      Vincent

  5. Le public de spotify / deezer & co ne va pas forcement sur bandcamp ou peu.
    En revanche une chose est sûre, pour un indé, zimbalam propose un offre plus interessante (10% de comm) que believe.
    Pour info, depuis 2012, mon groupe à généré beaucoup plus en streaming que sur itunes & co. on a gagné 71€ en streaming contre 22 en download (piste et album). Bien sur c’est sans compter bandcamp.
    Mais par exemple, ce groupe ayant splitté en 2012. Il ne génère plus aucun euro sur bandcamp depuis, alors que le streaming continue de progresser en nombre de streams. On gagne peu, on est loin de pouvoir en faire quoi que ce soit mais si on y était pas on ne génererait plus rien.

    • Antoine,
      Le public de deezer and co ne va pas sur Bandcamp parce que nous ne le poussons pas à y venir. Si les indés faisaient plus de promo pour Bandcamp que pour Deezer, le public viendrait y jeter une oreille.

      Pour zimbalam, il me semble, mais je me gourre peut être, que la mise à disposition des morceaux est payante? Ce que je trouve encore plus dégueulasse comme système. Si tu payes pour la diffusion de tes titres, tu devrais toucher 100% de tes revenus.

  6. Faut dire que c’est vraiment pas terrible comme groupe.. et 5000 lectures en 3 ans c’est vraiment pas terrible non plus.. 16 EUROS c déjà bien je trouve !!! 😀

  7. Grand débat.
    J’ai tendance à me dire que multiplier les plateformes de streaming permet de cibler plus d’auditeurs et surtout de pros.
    Combien de pros ne vont pas sur Bandcamp (pas d’appli, obligation d’aller sur un ordi,…)?
    Faut il sacrifier ses droits d’auteur aux profits d’un plus grand reseau d’ecoute? C’est un grand débat.
    Mais je pense qu’un accés sur les plateformes de type Deezer ou Spotify afin d’être plus accessible par les pros est non negligeable.

    • Salut Jo,
      Je crois que les pros ne découvrent pas les indés via deezer. C’est plutôt à travers des contacts par mail, téléphone et des relances bien préparées.

  8. Salut Laurent,
    Certes nous n’avons rapporté que 12 euros à Believe, mais si tu multiplies par le nombre d’indés, ça fait une jolie somme. le tout placé à X %, je pense que Believe n’est pas à plaindre.

    Je suis d’accord avec toi sur le fait que nous devons nous battre pour augmenter notre visibilité, mais je préfère la faire pour que les auditeurs viennent sur notre site plutôt que sur Deezer.

  9. Beaucoup de choses à (re)dire à tout ça, notamment sur l’état d’esprit avec lequel tu évalues les choses, et un bon point pour Bandcamp qui est évidemment LA plateforme pour les indés. J’ai d’ailleurs publié il y a 48h un dossier sur la façon d’y être le plus efficace possible : http://laurentmemmi.fr/bandcamp

    Mon conseil au groupe : restez sur Believe etc, et baggarez vous plutot pour améliorer votre audience, votre proposition artistique, votre marketing (ce blog est une bonne base). N’oubliez pas que pendant ce temps vous n’avez rapporté à Believe que 12 euros en 3 ans aussi.

    PS : le calcul sur les rotations radio est pour le moins farfelu. 5000 écoutes, c’est 1% d’un passage sur un gros réseau national, qui lui rapporte 60 euros par exemple.

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