POURQUOI LES GEANTS DU STREAMING SERONT LES FUTURES MAJORS ?

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Crédits photos : William Iven

Devenues des éléments incontournables de l’industrie musicale, les plateformes de streaming sont en perpétuelle recherche de croissance économique. Basée, au départ, sur du freemium financé par la publicité, elles se concentrent de plus en plus sur le système d’abonnement mensuel. Il est évident qu’à un moment, cette source de revenus atteindra son apogée, il leur faudra donc réfléchir à conquérir de nouvelle parts de marché. Alors, pourquoi les géants du streaming seront les futures majors ?

Il y encore quelques années, Deezer et Spotify n’était pas en position de force pour négocier la mise en ligne des catalogues des majors. Les accords passés étaient plus souvent à l’avantage des maisons de disques, car les revenus générés par le streaming ne permettaient pas de compenser la baisse des ventes de disques.

En 2015, la donne a changé, les courbes sont inversées et le streaming renfloue les caisses. Les majors semblent se réjouir de cette nouvelle situation, mais comme d’habitude, leur vision du secteur est à court terme et elles n’anticipent en rien l’avenir.

Si on réfléchit un peu et que l’on fait un état des lieux, on se rend compte que les plateformes de streaming sont les premières responsables de la réduction, voire de la disparition, des bacs dans les magasins. Les distributeurs sont morts petit à petit et il en sera de même pour les majors.

Certes, ce n’est pas pour demain, mais le rapport de force évoluant en faveur du streaming, ces dernières vont bientôt pouvoir s’affranchir de toute relation avec les majors.

D’un point de vue technique et même financier, les majors n’apportent aucune plus-value dans la production de la musique.

La majorité des artistes en développement s’auto-produisent et rien n’empêche les blockbusters d’en faire de même. On se paye nos producteurs, au sens anglo-saxon du terme, on loue nos studios, voire pour certains, on les achète, on s’associe à des techniciens pour les enregistrements, les mix, ou on se forme pour gérer ces parties du processus, on paye nos attachées de presse… Bref, avec un peu de budget, tout ce que pouvaient apporter les maisons de disques est à portée de nos mains.

Une fois que ce constat est fait, il est clair qu’il y a encore un intermédiaire de trop entre les artistes et le public. Puisqu’on aura toujours besoin de mettre à disposition du public nos productions, les plateformes de streaming sont incontournables dans la stratégie de certains gros vendeurs. Dans l’équation ARTISTE + MAJORS + PLATEFORMES DE STREAMING = MISE A DISPOSITION DE NOTRE MUSIQUE, devinez quel est l’acteur le plus en danger ?

Drake
Petit message de Drake pour Universal Music.

Tidal, monté par Jay-z n’est que le début d’une nouvelle donne. L’intérêt de cette plateforme était basé uniquement sur un partage plus équitable des revenus, entre l’artiste et la distribution.

D’autre part, la grogne des artistes sur la partage des revenus, risque de s’amplifier et d’obliger Deezer, Spotify ou encore APPLE Music à revoir leur relation avec les majors. Le rapport de force n’étant pas à l’avantage des maisons de disques, ces dernières vont petit à petit s’orienter vers d’autres marchés et abandonner l’industrie musicale. La FNAC vend bien des cafetières et des cuisines, qui aurait pensé une telle chose, il y a encore 15 ans ?

Soyons certains qu’à moyen terme, un artiste ou groupe à portée mondiale, signera un deal direct avec une plateforme de streaming, comprenant la production et la distribution des oeuvres, perso je vois bien APPLE MUSIC tenter ce coup-là, en premier. Une fois ce deal signé, la digue sautera et la plupart des gros vendeurs s’inséreront dans la brèche et par la suite les artistes indés tenteront de décrocher un sésame, comme c’était le cas précédemment avec les maisons de disques.

Ce genre d’accord pourrait contenter les acteurs vitaux du secteur musical. Les plateformes obtiendront des revenus supplémentaires et les artistes les partageront avec moins d’intermédiaires.

Aujourd’hui, les majors et les plateformes se tapent dans le dos, comme des bons copains… On en reparlera dans dix ans.

J’ai contacté, à plusieurs reprises, Apple Music France, Deezer, Believe Digital et Universal Music pour avoir leur point de vue sur ce sujet. Résultat : silence Radio ou fin de non-recevoir…

 

Par contre, que les choses soient claires. Je ne suis pas certain que l’avenir soit plus radieux pour les artistes, mais ceci est un autre débat.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Considérez-vous que les majors aient du souci à se faire ? J’attends votre point de vue avec impatience.

Merci à tous d’être des Acharnés.

A bientôt,

Vincent

2 Comments

  1. Comme dans les livres l’autoproduction commence à se faire entendre, mais le vrai travail de l’éditeur ou du label c’est d’orienter/promouvoir/gérer la carrière d’un artiste. Or je ne vois pas les plateforme de streaming avoir envie de s’emmerder avec ca pour l’instant ou même développer ces compétences.

    • Salut Edward,
      Ton point de vue est valable pour les label indés, je ne suis pas certain que les majors fassent encore tout ce travail…
      Quant aux plateformes, je pense qu’elles boufferont tous ce qu’il y a à bouffer (prod, édition, live…).
      Merci pour ton commentaire,
      Vincent

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