POURQUOI FAUT- IL TRAVAILLER LES ENCHAINEMENTS EN LIVE COMME LES TITRES ?

enchaînements
Crédits Photos : Jay Wennington - Licences Creative Commons

Lorsqu’on prépare un concert, on met l’accent sur la set-list, le jeu de scène, le son, les fringues, l’attitude, mais beaucoup d’entre nous oublient une partie fondamentale pour la réussite d’un concert. Les enchaînements entre les titres. Alors pourquoi faut-il travailler les enchainements en live avec autant de précision que les titres ?

Je me souviens très bien de mes premiers concerts, nos filages étaient basés essentiellement sur nos morceaux et pas du tout sur ce que l’on devait faire entre. Pas de présentation de titres, pas d’anecdotes, un jeu de scène au bord du néant. Je peux vous dire que les secondes entre chaque titre paraissaient une éternité pour nous comme pour le public.

Ce n’est pas faute d’avoir vu un paquet de concerts qui filaient à la vitesse de l’éclair car tout était fluide et notamment tout ce qui se passait entre les titres.

Je me disais que c’était parce qu’il y avait les lumières où que les types avaient tellement d’expérience que c’était naturel.

Du côté de mon groupe, on regardait nos pompes, on se retournait vers le batteur, l’un buvait, l’autre se réaccordait 40 fois, on attendait qu’il se passe un truc… Le Public aussi. Ce qui finalement rendait nos concerts un peu ennuyeux.

Puis j’ai croisé la route de ce groupe dont je vous parlais, dans l’article pourquoi sommes-nous si méchants ?

A partir de là, j’ai commencé à réfléchir à tous ces petits moments de solitude et surtout comment on pouvait leur donner un peu de vie.

Au-delà de la réflexion sur les titres qu’on enchaînait, j’ai commencé à écrire chacune de mes interventions sur ma set- list. Je les ai pensé comme les morceaux, le rythme, les mots, le sens, l’attitude. J’ai décortiqué chaque partie où il ne se passait rien pour essayer de fluidifier le show.

Une fois qu’une trame était construite, je testais en répète voir la réaction des autres membres du groupe. Puis, c’est devenu une recherche commune et surtout une habitude de travail.

Lorsque j’allais voir des concerts, je faisais presque plus attention à ce que disais le chanteur, qu’aux morceaux que jouait le groupe.

Par exemple, lorsque je m’accordais entre 2 titres, on entendait les mouches voler. Ça m’a toujours fait flipper comme situation, si bien que parfois je préférais jouer faux que de me retrouver face à ce moment.

Puis j’ai entendu cette phrase du chanteur de Matmatah, qui disait, je cite de mémoire : « un concert de rock sans pain, n’est pas un concert de rock… », je me suis donc permis de reprendre cette phrase en disant que le chanteur de Matmatah sortait souvent cette phrase :  « un concert de rock sans guitare désaccordée, n’est pas un concert de rock. Mais nous on fait du rock à paillettes ! ». Voilà le tour est joué. Cette phrase me permettait d’accorder ma gratte tranquille, suscitait des réactions dans le public, donc de passer ce moment très anxiogène pour moi.

Le Public, quand il ne passe rien entre les titres en live...
Le Public, quand il ne passe rien entre les titres en live…

Si vous avez besoin de boire, réfléchissez au petit mot qui va bien. Personne ne vous en voudra de vous rafraîchir sur scène, mais c’est toujours mieux si c’est accompagné d’un petit quelque chose en plus.

Si vous n’avez rien à dire, prévoyez un petit bœuf musical qui lancera votre titre, allongez une intro pour le présenter. Ou taisez-vous, mais faites- le avec classe !

Vous verrez qu’en construisant vos enchaînements, même vos silences prendront de la valeur.

Evidemment, le but n’est pas que le concert tourne en stand-up  où vous sortez une vanne tous les deux titres. Mais travaillez bien chacun de ces moments avec la même importance que vos titres.

A force de le faire, cela deviendra naturel et vous n’aurez même plus besoin d’écrire quoi que ce soit. Votre show prendra un étage et vous gagnerez en confiance.

Où est la part d’impro me direz-vous ? Je suis de ceux qui pensent que le live doit être réglé au millionième de mètre. Une fois que tout est pensé, rien en peut vous arriver.

N’hésitez pas à livrer vos façon de faire en commentaires et à manifester votre intérêt sur les réseaux sociaux.

Merci d’être des Acharnés !

Vincent

2 Comments

  1. Salut Low,
    Peut être qu’aujourd’hui ton groupe est à l’aise sur scène parce que vous tellement bosser vos interludes, que plus rien ne peut vous arriver.
    De toute façon, chaque date est différente, car chaque public est différent. Le tout c’est de bien maîtriser ton show et ensuite tu peux te laisser aller, car tu auras toujours la possibilité de retomber sur tes pieds en cas d’imprévu !

    A très bientôt

  2. D’accord avec l’essentiel de l’article.
    D’ailleurs, chez nous, ça a été assez naturel de procéder ainsi. Oh ! Pas dès le tout début, mais rapidement car, afficionado de groupes punk rock français, j’ai toujours pensé qu’un bon concert l’était, plus que par la perfection musicale, par la communion scène – public (que l’on retrouve chez les meilleurs groupes du genre précité). Et que cette communion passait par des ‘interludes actifs’.
    Après, c’est avec l’expérience et la réflexion que l’on trouve quoi dire ou quoi faire et à quel moment… Comme j’ai toukours dit : un concert n’est pas un récital, et il n’y a rien de plus chiant qu’un groupe qui enchaîne les titres de son album sans s’adresser au public. À ce niveau, pour moi le live n’a pas d’intérêt ! Mais je m’éloigne un peu du sujet 😉

    Là où je mets un bémol, c’est sur la notion de réglage au milionième de mètre…
    Pour nous, il est important de garder une part d’impro car nous ne nous prenons pas pour des acteurs aptes à simuler une impro sur un texte appris par coeur. Bien sûr, les interludes sont réfléchis, orientés et travaillés, mais nous gardons la liberté des mots précis et de réagir à l’atmosphère du moment. De toute façon, vu la bande d’incontrolables que nous sommes… ^^
    Mais, au-dela de mon propre groupe, je voulais aussi souligner que, ce qui attire un certain public (comme moi) à revenir 3, 4, 5, 10 fois voir un groupe, c’est aussi de se dire que « ce ne sera jamais la même chose » !

    Voilà pour ma petite contribution, sur le vif donc pardonnez-moi si ça manque d’organisation des idées 😉

    Et RESTEZ DES ACHARNÉS !!! 😀

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