POURQUOI VOUS DEVEZ DEFINIR VOTRE SUCCES ?

succès
Crédits photos : André Hunter - Licence Creatives Commons

L’un des points importants lorsque nous développons notre carrière, c’est de franchir des étapes puis de tout mettre en œuvre pour atteindre les suivantes. Comme je l’ai évoqué dans un autre article, il est primordial de se fixer des objectifs précis et il est également vital de déterminer les contours de notre succès. Alors Pourquoi vous devez définir votre succès ?

Lorsque j’ai décidé de me lancer dans un projet solo en octobre 2016, ma première question était la suivante : Comment considérer que mon projet aura du succès ?

Les premières réponses furent évidentes, des milliers de fans sur facebook , des milliers de vues sur youtube, des passages radios, des centaines de concerts, des milliers d’euros récoltés…

Ok, sauf que ces réponses sont plutôt vagues et, honnêtement, il est fort probable que ça ne m’arrive jamais.

J’ai donc pris le problème autrement.

Je repars sur une nouvelle aventure, un son différent, une identité différente, donc de zéro.
Globalement, personne ne m’attend.

j’ai décomposé le début de mon parcours en me posant les questions suivantes :

Combien de titres, je souhaite écrire pour un album ?
Ai-je du temps pour le produire ?
Ai-je de l’argent pour le produire ?
Ai-je envie d’enregistrer dans un studio classique ?
Ai-je envie de travailler avec un réal pour mon prochain album ?
Ai-je envie de le sortir en physique ?
Ai-je envie qu’il soit disponible sur deezer et spotify ?
Ai-je envie de faire des clips ?
Ai-je envie de faire de la promo médias classique ?
Ai-je envie de faire de la promo sur le web ?
Ai-je envie de faire des concerts ?

Grâce à ces questions, je pense avoir dessiné les premiers contours du développement de mon projet, et surtout créé des indicateurs de succès.

 

Il s’agit, maintenant, de répondre à ces différentes questions. Me concernant, il n’y aura pas de débat puisque je suis solo sur ce coup, mais si vous êtes en groupe, il se peut que des discussions parfois houleuses surviennent. Ne vous inquiétez pas, c’est plutôt bon signe. C’est que votre projet est bien en vie. Par contre si vous ne trouvez pas de solution après discussion, alors il faudra trancher.

 

Mes réponses à ces questions :

Combien de titres, je souhaite écrire pour un album ?
Pas d’idées précises sur le nombre exact mais je voulais au maximum en sortir 10. J’ai toujours préféré les albums courts (peut être mon côté « punk »). J’en ai écrit 9 et finalement sorti 7.

Est-ce un succès selon moi ? OUI

 

Ai-je du temps pour le produire ?
Du temps, j’en ai puisque personne ne m’attend, je ne suis lié à aucun contrat qui m’oblige à sortir des morceaux à des dates précises. Mais comme j’ai tendance à procrastiner, je me suis fixé une date pour sortir mon album. Je voulais le sortir le 28 mai 2017, jour de mon anniversaire.
L’album a été mis en ligne et rendu disponible au public le 28 mai 2017 vers 19 h30.

Est-ce un succès selon moi ? OUI

 

Ai-je de l’argent pour le produire ?
Clairement, non, pas de budget, je vous l’ai dit je repars de zéro. Enfin presque… Pour être honnête, j’ai mon studio sur Paris et suffisamment de matériel à domicile pour pouvoir produire des titres, qui, d’un point de vue sonore, ne sont pas ridicules.
Par contre, j’ai suivi une formation pour la prise de son et le mix et forcément ça m’a coûté des thunes.

Est-ce un succès selon moi ? OUI ET NON. NON parce qu’il a fallu que je sorte de l’oseille pour me former, mais OUI car c’est un investissement pour l’avenir, donc pas de regret.

 

Ai-je envie d’enregistrer dans un studio classique ?
Vu que j’en ai bavé en formation, j’avais envie de gérer le processus de l’écriture au mastering, pour avoir le sentiment que cet album m’appartient totalement.
Comme dit plus haut, j’ai mon studio aux portes de Paris et mon matos perso chez moi, dans la région de St Nazaire. J’ai navigué entre les 2 endroits. Seules les batteries et quelques voix ont été enregistrées dans mon stud. Le reste, c’est des basses enregistrées dans mon couloir, des guitares dans mon salon, des voix, des chœurs dans ma salle de bain ou ma cuisine…Je l’ai mixé et masterisé dans ma maison.
Les esprits méprisants vous diront que ça sonne comme de la merde, mais les esprits ouverts vous féliciteront pour le travail accompli et le résultat. C’est du vécu.

Est-ce un succès selon moi ?
OUI

 

Ai-je envie de travailler avec un réal pour mon prochain album ?
J’aurais adoré ! Surtout que j’en ai croisé quelques-uns qui auraient surement rendu cet album meilleur. Mais pour les raisons évoquées plus haut, j’étais financièrement dans l’incapacité de m’attacher les services d’un réalisateur artistique.

Est-ce un succès selon moi ? NON

 

Ai-je envie de le sortir en physique ?
Je voulais tenter l’expérience du 100 % digital, afin de me faire une idée réelle sur la mort de l’objet.
Mon constat est le suivant. Le 100 % digital ne peut pas être la seule option proposée aux auditeurs. Il faut une offre large en termes de supports d’écoute pour que chaque auditeur retrouve ses habitudes.

Est-ce un succès selon moi ? NON,  il faudra à l’avenir que j’intègre une stratégie de l’objet.

 

Ai-je envie qu’il soit disponible sur deezer et spotify ?
Certainement la réponse la plus évidente me concernant. NON

Est-ce un succès selon moi ? OUI, mes titres ne sont pas disponibles, ni sur deezer, ni sur spotify, pour les raisons évoquées dans l’article suivant.

 

Ai-je envie de faire des clips ?
Oui, j’avais envie de faire des vidéos, voire même des courts métrages. Mais je n’ai pas eu l’opportunité de me lancer à fond sur ce sujet. Je ne maîtrise pas bien cet aspect, je n’ai pas le réseau nécessaire. Bref, de ce point de vue, c’est un échec. J’ai eu des touches, mais par faute de temps et de moyen, cela n’a pas abouti. J’ai quand même obtenu l’accord d’un talentueux réalisateur brésilien, Renato Cabral, pour utiliser ses images pour les montages de mes clips. Il faudra améliorer ce poste à l’avenir.

Est-ce un succès selon moi ? NON, j’ai tellement envie de faire des courts métrages sur mes chansons que ça me frustre. Mais, rien n’est impossible, il se peut que ça aboutisse un jour.

 

Ai-je envie de faire de la promo médias classique ?
Comment vous dire… perdre du temps et de l’argent à envoyer des mails, du matériel de promo, faire des relances à des gens qui n’en ont strictement rien à foutre… Non merci. Le seul magazine qui m’a directement contacté, sans que je ne demande rien, est Francofans. Malgré toute la sympathie que j’ai pour ce mag’ et pour l’équipe qui y bosse Je n’ai pas donné suite, car il n’était pas garanti que mon album soit chroniqué.

Est-ce un succès selon moi ? OUI, je vis tranquillement, loin de cette frustration de la non réponse.

 

Ai-je envie de faire de la promo sur le web ?
Carrément, j’ai axé ma stratégie la dessus. Faire de la promo qualitative, pour rencontrer des auditeurs qui aiment ma musique et non pas pour faire le nombre. Je me suis fixé des objectifs chiffrés sur une année pour le nombre d’abonnés à ma mailing list, pour le nombre de like sur ma page facebook ou encore le nombre d’abonnés sur Youtube.
Pour exemple :
je voulais 40 abonnés sur ma mailing list, j’en ai 25 aujourd’hui
Je voulais 200 fans sur Facebook, j’en ai 198 aujourd’hui
je voulais 20 abonnés Youtube, j’en ai 14 aujourd’hui (Youtube n’est pas ma cible principale au niveau promo, je ne m’en occupe quasiment pas).

Ridicule me direz-vous ? Sauf que ce ne sont que des abonnements de qualité, de gens réactifs, il vous suffit de regarder l’engagement sur ma page facebook et de comparer avec certains artistes dont la page a récolté des milliers de pseudo fans. J’ai un taux d’ouverture à quasi 100%, et aucun désabonnement quand j’envoie un mail, et mon prochain concert est complet.
Mon projet est vivant, car mes abonnés sont vivants.

Est-ce un succès selon moi ? OUI, parce que je crois avoir tissé un lien relationnel fort avec ma communauté.

 

Ai-je envie de faire des concerts ?
OUI, mais comme pour les médias, je ne veux plus perdre de temps à faire la manche auprès de programmateurs qui s’en tapent royalement de mon projet et qui vont plus regarder ma capacité à remplir leur jauge, plutôt que leur volonté de faire découvrir de nouveaux artistes. Donc mes concerts seront plus rares, mais plus intenses dans l’émotion. Et je jouerai uniquement dans les endroits où l’envie de se rencontrer est réciproque.

Est-ce un succès selon moi ? OUI, mon prochain concert, qui se déroulera le 14/10/2017 à Paris est complet. Des gens vont se déplacer de Nantes, de Caen, de Chartres et d’autres régions de France pour y assister.

 

Si je fais le point globalement, cette première expérience est, pour moi, un véritable succès. Certes , il faudra améliorer certains points, mais j’ai constitué une petite communauté très présente et investie. Cette base me motive pour continuer à faire des choses et prendre les chemins de travers… (j’ai bien dit de travers)…

Cet article est un peu long mais, il est important que vous puissiez faire vous-même le point sur votre succès avec des indicateurs précis. Vous resterez motivés pour aller encore plus loin.

Partagez avec les autres acharnés vos curseurs de succès en commentaire de cet article.

Merci à tous d’être des Acharnés.

A bientôt,
Vincent

Ps: Si vous voulez découvrir l’album , c’est ici

 

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