Pourquoi votre « AP » est aussi important(e) que vos musiciens ?

Relations Presse
crédits photos : Umberto Cofini - Licences Creatives Commons

On cherche tous quel est le meilleur moyen de promouvoir notre musique auprès du plus grand nombre d’auditeurs. On peut le faire de manière indépendante, essentiellement sur les réseaux sociaux, mais il y a également un pion essentiel dans cette promotion. L’attaché(e) de presse ! Pourquoi votre « AP » est aussi important(e) que vos musiciens ?

La musique est très souvent une question de réseau et en cela l’attaché(e) de presse ou AP pour les techniciens, peut nous permettre d’atteindre des médias qui auront un impact fort sur notre notoriété.

La chose primordiale à comprendre pour que notre relation soit saine, c’est que notre AP n’a aucune obligation de résultats, mais une obligation de moyen.

En clair, notre AP ne peut nous garantir les retours des médias, mais doit tout faire pour les contacter, les relancer et nous faire part d’éventuels retours, même négatifs.

Il est, à mon sens, très important de bien comprendre cela, car nous ne pouvons pas attendre de notre AP des couv’ dans les plus grands mag musicaux, ou des passages sur les plus grandes radios. Cela dépendra de la qualité de notre projet. Notre AP fera le boulot, mais les décisions se prennent dans d’autres sphères.

COMMENT CHOISIR VOTRE ATTACHE(E) DE PRESSE ?

Tout d’abord, il faut réfléchir à notre budget. Celui-ci dépend du temps de promotion et des médias que nous souhaitons atteindre. Le montant sera plus important si nous voulons promouvoir notre projet en radio, en TV et dans la presse écrite. Si nous préférons nous focaliser uniquement sur un seul type de médias, cela réduira notre coût.
Lara Orsal, Fondatrice de l’agence IVOX, nous livre sa façon d’évaluer les budgets promo : « j’adapte les objectifs et la carte des services/prestations en fonction du budget disponible. En-dessous d’un certain investissement marketing, si ce n’est pas impactant, ou au contraire, au-delà de ce qui est nécessaire, je ne vais pas. C’est évalué en toute transparence avec l’artiste, je refuse souvent des projets, quand bien même j’aurais besoin des budgets, si je ne suis pas la bonne agence. »

Le temps de promotion est également à prendre en compte dans le budget promo. Une promo de 3 mois coûtera moins cher qu’une période de 6 mois.

Enfin, il faut également prendre en considération le travail que nous demanderons à notre AP. Si nous lui demandons de rédiger notre bio, dossier de presse, de réfléchir à notre charte graphique en plus de la promo, il est évident que le temps qu’il ou elle va passer sur ces tâches nous sera facturé.

La deuxième étape, consiste à retracer l’historique de notre AP. Quels projets ont été travaillés ? Correspondent – ils à votre style ? Quelle est la notoriété des groupes cités ? …

Il est évident que plus l’attaché(e) de presse travaille avec des blockbusters, plus le montant risque d’être élevé. Cela dit, certaines grosses agences peuvent travailler sur des projets à développer, si elles ont un gros coup de cœur. Alors, elles sont susceptibles de faire des efforts sur leurs tarifs.

La troisième étape est d’être aimable avec notre AP. Ils ne sont pas nos larbins. A mon avis, ce sont même des rouages principaux du développement de nos projets. Si nous entretenons de bonnes relations avec notre AP, celui-ci mettra tous son réseau à notre service et les résultats peuvent aller au-delà de simples chroniques dans les médias.

Je vous donne un exemple, un tourneur peut difficilement vous trouver des dates sans promo, alors qu’une bonne promo vous donnera accès à des concerts. Vous voyez le truc ?

L’ATTACHE(E) DE PRESSE NOUS CHOISIT AUSSI.

Il faut également prendre cela en considération lors de vos démarches auprès des Agences. Eux aussi vont choisir avec qui ils vont travailler. Là encore, Lara nous indique comment elle choisit ses collaborations : « Il faut être réaliste : si c’est dans ma ligne artistique, ce n’est pas forcément dans mes cordes, et réciproquement… il faut donc l’alliance parfaite entre le projet, ce qu’il nous inspire, les moyens à disposition, et ce qu’on peut  apporter comme compétences/réseau/disponibilité… »

Soignons nos contacts, comme si c’était un tourneur ou un label. Donnons-lui envie de travailler avec nous. Prouvons- lui que nous sommes fiables, que nous savons travailler seuls et que nous sommes un projet solide. Selon Lara, « Les relations sont claires. Je travaille dans le franc-parler, la transparence, le no-bullshit et le no-ego : personne n’a de temps, ni d’argent, à perdre. C’est une vision réaliste à laquelle les artistes adhèrent, si l’on travaille ensemble, généralement… A prendre ou à laisser en ce qui me concerne. »

Ne nous offusquons pas en cas de refus. Perso je préfère qu’on me dise non, plutôt qu’on prenne mon oseille pour ne pas effectuer le moindre travail.

LE METIER D’ATTACHE(E) DE PRESSE EVOLUE COMME CELUI DE MUSICIEN

Les relations presse n’échappent pas à l’évolution du secteur musical. Il est nécessaire pour les professionnels de ce secteur de réfléchir à de nouvelles méthodes de fonctionnement. Lara  nous livre son point de vue :  « Le métier doit muter. Mais il ne peut pas muter seul. Les artistes et surtout les autres corps de métier concernés doivent changer de point de vue et surtout de considération quant aux “AP”, dont on sous-exploite en permanence les compétences, savoirs, et expériences, tout en les pressant comme des citrons et en les sous-payant.  Aujourd’hui, pourtant, l’AP est l’un des seuls à même, pour des artistes en développement, d’assurer son accompagnement sur tous les plans, en assurant quantité de tâches et missions habituellement attribuées aux labels, comme, pour en citer quelques-uns : l’établissement de la stratégie de développement et de médiatisation (planning-stratégique), la direction artistique image (choix des visuels et supervision de la production des contenus vidéo, et parfois, conception des contenus vidéo), la direction éditoriale (choix du répertoire et des contenus à exposer), l’iconographie et la pao (retouches des visuels dès que nécessaire, production des bannières etc), la rédaction (biographies et argumentaires…), le social-media management (gestion des comptes facebook, instagram, bandcamp, youtube…), le media-management et les relations presse, et le label-management (gestion des pubs FB, gestion et négociation des partenariats et achats d’espaces publicitaires dans les médias).

 

Pour conclure, il est rare qu’un bon guitariste vous ouvre les portes d’une radio, d’un TV ou même d’une salle de concert.
Une bonne agence de relations Presse aura un vrai impact sur le développement de votre projet.
Elle vous permettra même d’atteindre des objectifs qui dépassent le simple cadre des médias.
Le travail fournit par notre agence de promo sur le deuxième album de La Princesse, nous a permis de décrocher une distribution, de monter une tournée et de faire des premières parties.

Ne négligez pas l’importance de cet acteur dans votre stratégie de développement et surtout bichonnez-le !

Je remercie infiniment, Lara Orsal de l’agence IVOX, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques et vos expériences.

Merci d’être des Acharnés,
A bientôt,

Vincent

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